LA VIE NE TIENT QU'A UNE CHAINE / UNCHAINED - 4.62


Producteur exécutif: Donald P. Bellisario Scénario: Paris Qualles Réalisateur: Michael Watkins

Jazz Boone: Basile Wallace Colley: J.C.Quinn Elias: Claude Earl Jones Chance Cole (Leapee): Mark Kemble

 
                       

 

         
 

 

CITATIONS (VF)


Al : "C'est marrant Sam, j'ai beau n'être qu'un hologramme, j'aurais juré mais alors juré que ça sentait le putois"

Al : "Sam c'était génial ! A côté de toi, Houdini c'était un tourneur-fraiseur !"

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Travaux forcés aux Etats-Unis :

La prison fut parfois vue comme une source de main-d'oeuvre bon marché. Et en matière d'incarcération de ses propres citoyens, les États-Unis battent tous les records parmi les états dits "démocratiques". Les travaux forcés sont encore pratiqués aujourd'hui : dans plus de 30 états, les administrations ont légalisé l'exploitation d'une main d'oeuvre carcérale par des entreprises privées, et même dans certains états des prisonniers enchaînés travaillent dans des carrières ou font des travaux d'entretien sur la voie publique.

Châtiments infligés :
- Les gardiens de prisons aiment (et encore aujourd'hui) organiser des combats entre détenus en s'inspirant des combats des gladiateurs romains. Ils enchaînent deux prisonniers et ne les détachent que lorsque l'un des deux est mort.
En février 1998, huit gardiens ont été poursuivis par la justice fédérale pour avoir mis en scène des combats de "gladiateurs" entre codétenus rivaux dans la prison d'État de Corcoran (Californie) entre 1988 et 1994. Au cours de ces combats, sept prisonniers ont été abattus par des gardiens.
[Pour un autre exemple contemporain des châtiments infligés aux détenus]


 

 

 

 

 

LA CRITIQUE DE : Samalia

 

Histoire :
2 novembre 1956, Tallawaga. Le Dr Sam Beckett se transmute dans la peau de Chance Cole, condamné à 9 mois de travaux forcés mais emprisonné depuis maintenant 2 ans. Sa mission : prouver l'innocence d'un autre prisonnier nommé Jazz Boone et auquel il est enchaîné.
Mais Sam et Boone en tentant de s'échapper, ont provoqué la colère du directeur de la prison et subissent ses mauvais traitements.
Al quant à lui essaie de trouver les vrais coupables du crime dont est accusé Boone alors que Sam se demande si la solution n'est pas plutôt de l'aider à s'évader de cet enfer.

Personnages secondaires :
- Jazz Boone :
C'est un "sang mêlé". Sa mère était la fille du chef d'une tribu indienne. Son père était fermier en Caroline du Nord. Ils sont morts tous les deux lors d'une explosion d'une chaudière de kérosène alors que Boone était encore enfant. Il est claustrophobe. Accusé à tort de vol et du meurtre d'un bijoutier, il ne supporte plus les brimades et punitions sadiques du directeur de la prison.
- Cooley : directeur du pénitencier de Tallawaga. Il abuse de ses pouvoirs, maltraite les détenus.
- Capitaine Elias : Il représente la police et la justice de Tallawaga. Mais on ne peut pas dire qu'il soit des plus sympathiques.
- Jake Wiles : un peu benêt, il est l'homme de main de Cooley dans ses affaires douteuses.

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Critique : Un épisode très rythmé, qui expose simplement les faits sans en rajouter. Il dénonce les conditions de détentions aux Etats-Unis et pas seulement dans les années 1950, et se rapproche en cela de l'épisode "Last dance before an execution" qui lui s'attaquait au problème de la peine de mort. Un autre épisode qui nous montre la face cachée et sombre de l'Amérique. Absolument édifiant !

Références culturelles :
- Culture indienne : muskovee (tribus indiennes d'Oklahoma, Arkansas, Alabama), ossungo (sang mêlé)
- Monopoly : "Ils sont revenus à la case départ sans toucher 20000 dollars" Wiles.
- Référence à un poème d'Emily Dickinson : "Pour chaque instant d'extase, nous devons payer d'une angoisse, quelle que soient toutes nos raisons, jusqu'à l'apaisement final"
- Harry Houdini : célèbre magicien, une de ses cascades les plus risquées consistait à être enchaîné dans une malle clouée et de se faire jeter à l'eau.

Références historiques :
- Les pénitenciers et les travaux forcés aux Etats-Unis : on a ici un aperçu de ce que pouvait être un pénitencier dans les années 1950 aux USA, véritable reflet de la société américaine dans ses côtés les plus noirs (violence, torture, corruption, racisme) (Voir encadré)

Références filmographiques :
- La Chaîne
* : Un film de Stanley Kramer avec Tony Curtis et Sidney Poitier (The Defiant Ones - 1958)
SYNOPSIS :
Évadés de prison, Jackson et Cullen sont enchaînés l'un à l'autre. Se vouant une haine féroce, les deux hommes vont pourtant devoir s'unir face aux gardiens et aux chiens lancés à leurs trousses.
NOTES :
Nominée pour 9 Oscar (dont celui du Meilleur Film) et gagnant des Oscar du Meilleur Scénario et de la Meilleure Photographie, LA CHAINE permet à Sidney Poitier de faire éclater ses capacités dramatiques. À ses côtés, Tony Curtis incarne avec un cran indéniable (car révélateur de ses convictions antiracistes) un "blanc" teigneux et ségrégationniste.

Acteurs à remarquer :
- Claude Earl Jones
(Capitaine Elias) : déjà vu dans l'autre production de Bellisario "Battlestar galactica"
- Don Sparks (Jake Wiles) a joué Russell Spitzer dans la "Loi de Los Angeles"
- Robert V. Barron (le vieux prisonnier) a écrit de nombreux épisodes de Bonanza et des Mystères de l'Ouest.

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Détails, pinaillages, etc... :
- Boone est claustrophobe, ce qui n'est pas sans nous rappeler une autre prisonnière dans laquelle Alia s'est transmutée.
- Le lieu du saut est Tallawaga, lieu qui n'existe pas et dont on ignore où il se trouve. Sûrement en Alabama, puisqu'il ne sont qu'à 30 km de la frontière avec la Louisiane et qu'il est fait allusion par 2 fois à une ville d'Alabama nommée Belleville.
- Pendant les 10 premières minutes, Sam regarde Boone comme s'il avait une bombe entre les mains et qu'il ne savait comment agir. Il ignore s'il doit lui faire confiance et s'il est réellement innocent comme il l'affirme.
- Quand ils sont dans la grange, Sam parle très fort à Al et Boone, pourtant à pas plus de 2 mètres de lui, ne l'entend pas. Trois secondes plus tard, à même distance, il l'entend. Etrange
- Sam dit 2 fois "Oh bravo !" : au début et quand il voit qu'on va lui remettre les chaînes.
- Sam s'y connaît d'un seul coup beaucoup en littérature : il n'hésite pas une seconde quand il entend les vers d'Emily Dickinson !
- Quand Sam et Boone se battent dans l'eau, Boone prend Sam par le cou (Sam est devant lui), Sam aperçoit le serpent. Puis le plan d'après il est derrière Boone à sa droite, il lance le serpent, le plan s'élargit et Sam, cette fois-ci à la gauche de Boone et devant lui, finit de lancer le dit serpent. Ce qui donne un enchaîné (si je puis dire) assez étrange : devant, droite, gauche. Pourtant Scott à l'époque ne connaissait pas la téléportation ;-)
- Autre couac : quand Sam se retrouve face à Cooley à la fin, Al distrait le chien et on voit clairement l'éclair de la détonation s'échapper du fusil de Cooley mais sans le son.
- Boone court encore plus bizarrement que Sam
:-D

- A noter que Boone est le seul personnage de la série à ne pas voir Al mais à agir comme s'il était là, voire à lui parler.
- Le saut suivant commence par un prologue. Généralement on a pas de dialogue de Sam mais seulement un air atterré suivi d'un "oh bravo".

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NOTES :
* L'Amiral